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La vertu avril 9, 2009

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                   La vertu, à son plus haut degré, comporte l’ensemble de toutes les qualités essentielles qui constituent l’homme de bien. Être bon, charitable, laborieux, sobre, modeste, ces qualités sont de l’homme vertueux. Malheureusement elles sont souvent accompagnées de petites infirmités morales qui les déparent et les atténuent. Celui qui fait parade de sa vertu n’est pas vertueux, puisqu’il lui manque la qualité principale: la modestie, et qu’il a le vice le plus contraire: l’orgueil. La vertu vraiment digne de ce nom n’aime pas à s’étaler; on la devine, mais elle se dérobe dans l’obscurité et fuit l’admiration des foules. Saint Vincent de Paul était vertueux; le digne curé d’Ars était vertueux, et beaucoup d’autres peu connus du monde, mais connus de Dieu. Tous ces hommes de bien ignoraient eux-mêmes qu’ils fussent vertueux; ils se laissaient aller au courant de leurs saintes inspirations, et pratiquaient le bien avec un désintéressement complet et un entier oubli d’eux-mêmes.

 

 

                   C’est à la vertu ainsi comprise et pratiquée que je vous convie, mes enfants; c’est à cette vertu vraiment chrétienne et vraiment spirite que je vous engage à vous consacrer; mais éloignez de vos coeurs la pensée de l’orgueil, de la vanité, de l’amour propre qui déparent toujours les plus belles qualités. N’imitez pas cet homme qui se pose comme un modèle et prône lui-même ses propres qualités à toutes les oreilles complaisantes. Cette vertu d’ostentation dérohe souvent une foule de petites turpitudes et d’odieuses lâchetés.

 

 

                   En principe, l’homme qui s’exalte lui-même, qui élève une statue à sa prople vertu, annihile par ce fait seul tout le mérite effectif qu’il peut avoir. Mais que dirai-je de celui dont toute la valeur est de paraître ce qu’il n’est pas? Je veux bien admettre que l’homme qui fait le bien en ressente au fond du coeur une satisfaction intime, mais dès que cette satisfaction se traduit au dehors pour en recueillir des éloges, elle dégénère en amour-propre.

 

 

                   O vous tous que la foi spirite a réchauffés de ses rayons, et qui savez combien l’homme est loin de la perfection, ne donnez jamais dans un pareil travers. La vertu est une grâce que je souhaite à tous les sincères spirites, mais je leur dirai: Mieux vaut moins de vertus avec la modestie que beaucoup avec de l’orgueil. C’est par l’orgueil que les humanités successives se sont perdues, c’est par l’humilité qu’elles doivent se racheter un jour. (FRANÇOIS, NICOLAS, MADELEINE. Paris, 1863.)

 

 

Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)

 

Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.

 

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Le devoir avril 2, 2009

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                   Le devoir est l’obligation morale, vis-à-vis de soi d’abord, et des autres ensuite. Le devoir est la loi de la vie; il se retrouve dans les plus infimes détails, aussi bien que dans les actes élevés. Je ne veux parler ici que du devoir moral, et non de celui qu’imposent les professions.

 

                   Dans l’ordre des sentiments, le devoir est très-difficile à remplir, parce qu’il se trouve en antagonisme avec les séductions de l’intérêt et du coeur; ses victoires n’ont pas de témoins, et ses défaites n’ont pas de répression. Le devoir intime de l’homme est abandonné a son libre arbitre; l’aiguillon de la conscience, cette gardienne de la probité intérieure, l’avertit et le soutient, mais elle demeure souvent impuissante devant les sophismes de la passion. Le devoir du coeur, fidèlement observé, élève l’homme; mais ce devoir, comment le préciser? Où commence-t-il? Où s’arrête-t-il? Le devoir commence précisément au point où vous menacez le bonheur ou le repos de votre prochain; il se termine à la limite que vous ne voudriez pas voir franchir pour vous-même.

 

                   Dieu a créé tous les hommes égaux pour la douleur; petits ou grands, ignorants ou éclairés, souffrent par les mêmes causes, afin que chacun juge sainement le mal qu’il peut faire. Le même criterium n’existe pas pour le bien, infiniment plus varié dans ses expressions. Légalité devant la douleur est une sublime prévoyance de Dieu, qui veut que ses enfants, instruits par lexpérience commune, ne commettent pas le mal en arguant de lignorance de ses effets.

 

                   Le devoir est le résumé pratique de toutes les spéculations morales; c’est une bravoure de l’âme qui affronte les angoisses de la lutte; il est austère et souple; prompt à se plier aux complications diverses, il demeure inflexible devant leurs tentations. Lhomme qui remplit son devoir aime Dieu plus que les créatures, et les créatures plus que lui-même; il est à la fois juge et esclave dans sa propre cause.

 

                   Le devoir est le plus beau fleuron de la raison; il relève d’elle, comme le fils relève de sa mère. L’homme doit aimer le devoir, non parce qu’il préserve des maux de la vie, auxquels l’humanité ne peut se soustraire, mais parce qu’il donne à l’âme la vigueur nécessaire à son développement.

 

                   Le devoir grandit et rayonne sous une forme plus élevée dans chacune des étapes supérieures de l’humanité; l’obligation morale ne cesse jamais de la créature à Dieu; elle doit refléter les vertus de l’Éternel qui n’accepte pas une ébauche imparfaite, parce qu’il veut que la beauté de son oeuvre resplendisse devant lui. (LAZARE. Paris, 1863.)

 

 

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On demandera beaucoup à celui qui a beaucoup reçu mars 19, 2009

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Le serviteur qui aura su la volonté de son maître, et qui néanmoins ne se sera pas tenu prêt et n’aura pas fait ce qu’il désirait de lui, sera battu rudement; mais celui qui n’aura pas su sa volonté, et qui aura fait des choses dignes de châtiment, sera moins battu. On demandera beaucoup à celui à qui on aura beaucoup donné, et on fera rendreun plus grand compte à celui à qui on auraconfié plus de choses. (Saint Luc, ch. XII, v.47, 48.)

 

 

Je suis venu dans ce monde pour exercer un jugement, afin que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. – Quelques pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent: Sommes nous donc aussi aveugles? – Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché; mais maintenant vous dites que vous voyez, et c’est pour cela que votre péché demeure en vous. (Saint Jean, ch. IX, v. 39, 40, 41.)

 

 

Ces maximes trouvent surtout leur application dans l’enseignement des Esprits. Quiconque connaît les préceptes du Christ est coupable assurément de ne pas les pratiquer; mais outre que l’Évangile qui les contient n’est répandu que dans les sectes chrétiennes, parmi celles-ci, combien est-il de gens qui ne le lisent pas, et parmi ceux qui le lisent, combien en estil qui ne le comprennent pas! Il en résulte que les paroles même de Jésus sont perdues pour le plus grand nombre.

 

L’enseignement des Esprits qui reproduit ces maximes sous différentes formes, qui les développè et les commente pour les mettre à la portée de tous, a cela de particulier qu’il n’est point circonscrit, et que chacun, lettré ou illettré, croyant ou incrédule, chrétien ou non, peut le recevoir, puisque les Esprits se communiquent partout; nul de ceux qui le reçoivent, directement ou par entremise, ne peut prétexter ignorance; il ne peut s’excuser ni sur son défaut d’instruction, ni sur l’obscurité du sens allégorique. Celui donc qui ne les met pas à profit pour son amélioration, qui les admire comme choses intéressantes et curieuses sans que son coeur en soit touché, qui n’en est ni moins vain, ni moins orgueilleux, ni moins égoïste, ni moins attaché aux biens matériels, ni meilleur pour sou prochain, est d’autant plus coupable qu’il a plus de moyens de connaître la vérité.

 

Les médiums qui obtiennent de bonnes communications sont encore plus repréhensibles de persister dans le mal, parce que souvent ils écrivent leur propre condamnation, et que, s’ils n’étaient aveuglés par l’orgueil, ils reconnaîtraient que c’est à eux que les Esprits s’adressent. Mais, au lieu de prendre pour eux les leçons qu’ils écrivent, ou qu’ils voient écrire, leur unique pensée est de les appliquer aux autres, réalisant ainsi cette parole de Jésus: “Vous voyez une paille dans l’oeil de votre voisin, et vous ne voyez pas la poutre qui est dans le vôtre.” (Ch. X, nº 9.)

 

Par cette autre parole: “Si vous étiez aveugles vous n’auriez point péché”, Jésus entend que la culpabilité est en raison des lumières que l’on possède; or, les Pharisiens, qui avaient la prétention d’être, et qui étaient, en effet, la partie la plus éclairée de la nation, étaient plus repréhensibles aux yeux de Dieu quele peuple ignorant. Il en est de même aujourd’hui.

 

Aux spirites, il sera donc beaucoup demandé, parce qu’ils ont beaucoup reçu, mais aussi à ceux qui auront profité il sera beaucoup donné.

 

La première pensée de tout spirite sincère doit être de chercher, dans les conseils donnés par les Esprits, s’il n’y a pas quelque chose qui puisse le concerner.

 

Le spiritisme vient multiplier le nombre des appelés; par la foi qu’il donne, il multipliera aussi le nombre des élus.

 

 

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Les faux prophètes mars 5, 2009

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Si l’on vous dit: “Christ est ici,” n’y allez pas, mais, au contraire, tenez-vous sur vos gardes, car les faux prophètes seront nombreux. Mais ne voyez-vous pas les feuilles du figuier qui commencent à blanchir; ne voyez-vous pas leurs pousses nombreuses attendant l’époque de la floraison, et Christ ne vous a-t-il pas dit: On reconnaît un arbre à son fruit? Si donc les fruits sont amers, vous jugez que l’arbre est mauvais; mais s’ils sont doux et salutaires, vous dites: Rien de pur ne peut sortir d’une souche mauvaise.

 

C’est ainsi, mes frères, que vous devez juger; ce sont les oeuvres que vous devez examiner. Si ceux qui se disent revêtus de la puissance divine sont accompagnés de toutes les marques d’une pareille mission, c’est-à- dire s’ils possèdent au plus haut degré les vertus chrétiennes et éternelles: la charité, l’amour, l’indulgence, la bonté qui concilie tous les coeurs; si, à l’appui des paroles, ils joignent les actes, alors vons pourrez dire: Ceux-ci sont bien réellement les envoyés de Dieu.

 

Mais méfiez-vous des paroles mielleuses, méfiez-vous des scribes et des pharisiens qui prient dans les places publiques, vêtus de longues robes. Méfiez-vous de ceux qui prétendent avoir le seul et unique monopole de la vérité!

 

Non, non, Christ n’est point là, car ceux qu’il envoie propager sa sainte doctrine, et régénérer son peuple, seront, à l’exemple du Maître, doux et humbles de coeur par-dessus toutes choses; ceux qui doivent, par leurs exemples et leurs conseils, sauver l’humanité courant à sa perte et vagabondant dans des routes tortueuses, ceux-là seront par-dessus tout modestes et humbles.

 

Tout ce qui révèle un atome d’orgueil, fuyez-le comme une lèpre contagieuse qui corrompt tout ce qu’elle touche. Rappelez-vous que chaque créature porte sur son front, mais dans ses actes surtout, le cachet de sa grandeur ou de sa décadence.

 

Allez donc, mes enfants bien-aimés, marchez sans tergiversations, sans arrière pensées, dans la route bénie que vous avez entreprise. Allez, allez toujours sans crainte; éloignez courageusement tout ce qui pourrait entraver votre marche vers le but éternel. Voyageurs, vous ne serez que bien peu de temps encore dans les ténèbres et les douleurs de l’épreuve, si vous laissez aller vos coeurs à cette douce doctrine qui vient vous révéler les lois éternelles, et satisfaire toutes les aspirations de votre âme vers l’inconnu. Dès à présent, vous pouvez donner un corps à ces sylphes légers que vous voyiez passer dans vos rêves, et qui, éphémères, ne pouvaient que charmer votre esprit, mais ne disaient rien à votre coeur. Maintenant, mes aimés, la mort a disparu pour faire place à l’ange radieux que vous connaissez, l’ange du revoir et de la réunion! Maintenant, vous qui avez bien accompli la tâche imposée par le Créateur, vous n’avez plus rien à craindre de sa justice, car il est père et pardonne toujours à ses enfants égarés qui crient miséricorde. Continuez donc, avancez sans cesse; que votre devise soit celle du progrès, du progrès continu en toutes choses, jusqu’à ce que vous arriviez enfin à ce terme heureux où vous attendent tous ceux qui vous ont précédês.

 

(LOUIS. Bordeaux, 1861.)

 

 

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Si c’était un homme de bien, il se serait tué février 19, 2009

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Vous dites souvent en parlant d’un mauvais homme qui échappe à un danger: Si cétait un homme de bien, il se serait tué. Eh bien, en disant cela vous êtes dans le vrai, car effectivement il arrive bien souvent que Dieu donne à un Esprit, jeune encore dans les voies du progrès, une plus longue épreuve qu’à un bon, qui recevra, en récompense de son mérite, la faveur que son épreuve soit aussi courte que possible. Ainsi donc, quand vous vous servez de cet axiome, vous ne vous doutez pas que vous commettez un blasphème.

 

S’il meurt un homme de bien, et qu’à côté de sa maison soit celle d’un méchant, vous vous hâtez de dire: Il vaudrait bien mieux que ce fût celui-ci. Vous êtes grandement dans l’erreur, car celui qui part a fini sa tâche, et celui qui reste ne l’a peut-être pas commencée. Pourquoi voudriez-vous donc que le méchant n’eût pas le temps de l’achever, et que l’autre restât attaché à la glèbe terrestre? Que diriez-vous d’un prisonnier qui aurait fini son temps, et qu’on retiendrait en prison tandis qu’on donnerait la liberté à celui qui n’y a pas droit? Sachez donc que la vraie liberté est dans l’affranchissement des liens du corps, et que tant que vous êtes sur la terre, vous êtes en captivité.

 

Habituez-vous à ne pas blâmer ce que vous ne pouvez pas comprendre, et croyez que Dieu est juste en toutes choses; souvent ce qui vous paraît un mal est un bien; mais vos facultés sont si bornées, que l’ensemble du grand tout échappe à vos sens obtus. Efforcez-vous de sortir, par la pensée, de votre étroite sphère, et à mesure que vous vous élèverez, l’importance de la vie matérielle diminuera à vos yeux, car elle ne vous apparaîtra que comme un incident dans la durée infinie de votre existence spirituelle, la seule véritable existence.

 

(FÉNELON, Sens, 1861.)

 

 

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Faire le bien sans ostentation février 5, 2009

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Prenez garde de ne pas faire vos bonnes oeuvres devant les hommes pour en être regardés, autrement vous n’en recevrez point la récompense de votre Père qui est dans les cieux. – Lors donc que vous donnerez l’aumône, ne faites point sonner la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues pour être honorés des hommes. Je vous dis, en vérité, ils ont reçu leur récompense. – Mais lorsque vous faites laumône, que votre main gauche ne sache pas ce que fait votre main droite; – afin que l’aumône soit dans le secret; et votre Père, qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense. (Saint Matthieu, ch. VI, v. de 1 à 4.)

 

 

Jésus étant descendu de la montagne, une grande foule do peuple le suivit; – et en même temps un lépreux vint à lui et l’adora en lui disant: Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. – Jésus étendant la main, le toucha et lui dit : Je le veux, soyez guéri; et à l’instant la lépre fut guérie. – Alors Jésus lui dit: Gardez-vous bien de parler de ceci à personne; mais allez vous montrer aux prêtres, et offrez le don prescrit par Moïse, afin que cela leur serve de témoignage. (Saint Matthieu, ch. VIII, v. de 1 à 4.)

 

 

Faire le bien sans ostentation est un grand mérite; cacher la main qui donne est encore plus méritoire; c’est le signe incontestable d’une grande supériorité morale: car pour voir les choses de plus haut que le vulgaire, il faut faire abstraction de la vie présente et s’identifier avec la vie future; il faut, en un mot, se placer au-dessus de l’humanité pour renoucer à la satisfaction que procure le témoignage des hommes et attendre l’approbation de Dieu. Celui qui prise le suffrage des hommes plus que celui de Dieu, prouve qu’il a plus de foi dans les hommes qu’en Dieu, et que la vie présente est plus pour lui que la vie future, ou même qu’il ne croit pas à la vie future; s’il dit le contraire, il agit comme s’il ne croyait pas à ce qu’il dit.

 

Combien y en a-t-il qui n’obligent qu’avec l’espoir que l’obligé ila crier le bienfait sur les toits; qui, au grand jour, donneront une grosse somme, et dans l’ombre ne donneraient pas une pièce de monnaie! C’est pourquoi Jésus a dit: «Ceux qui font le bien avec ostentation ont déjà reçu leur récompense;» en effet, celui qui cherche sa glorification sur la terre par le bien qu’il fait, s’est déjà payé lui-même; Dieu ne lui doit plus rien; il ne lui reste à recevoir que la punition de son orgueil.

 

Que la main gauche ne sache pas ce qne donne la main droite, est une figure qui caractérise admirablement la bienfaisance modeste; mais s’il y a la modestie réelle, il y a aussi la modestie jouée, le simulacre de la modestie; il y a des gens qui cachent la main qui donne, en ayant soin d’en laisser passer un bout, regardant si quelqu’un ne la leur voit pas cacher. Indigne parodie des maximes du Christ! Si les bienfaiteurs orgueilleux sont dépréciés parmi les hommes, que sera-ce donc au près de Dieu! Ceux-là aussi ont reçu leur récompense sur la terre. On les a vus; ils sont satisfaits d’avoir été vus: c’est tout cé qu’ils auront.

 

 

 

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Porter sa croix. Qui voudra sauver sa vie la perdra janvier 22, 2009

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Vous êtes bien heureux, lorsque les hommes vous haïront, qu’ils vous sépareront, qu’ils vous traiteront injurieusement, qu’ils rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l’homme. – Réjouissez-vous en ce jour-là, et soyez ravis de joie, paree qu’une grande récompense vous est réservée dans le ciel, car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. (Saint Luc, ch. VI, v. 22, 23.)

 

En appelant à soi le peuple avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix et qu’il me suive; – car celui qui voudra se sauver soi-même se perdra; et celui qui se perdra pour l’amour de moi et de l’Évangile, se sauvera. – En effet, que servirait à un homme de gagner tout le monde, et de se perdre soi-même? (Saint Marc, ch. VIII, v. de 34 à 36. – Saint Luc, ch. IX, v. 23, 24, 25. – Saint Matthieu, ch. X, v. 39. – Saint Jean, ch. XIII, v. 24, 25.)

 

 

Réjouissez-vous, dit Jésus, quand les hommes vous haïront et vous persécuteront à cause de moi, parce que vous en serez récompensés dans le ciel. Ces paroles peuvent se traduire ainsi: Soyez beureux quand des hommes, par leur mauvais vouloir à votre égard, vous fournissent l’occasion de prouver la sincérité de votre foi, car le mal qu’ils vous font tourne à votre profit. Plaignez-les donc de leur aveuglement, et ne les maudissez pas.

 

Puis il ajoute: «Que celui qui veut me suivre porte sa croix,» c’est-à-dire qu’il supporte courageusement les tribulations que sa foi lui suscitera; car celui qui voudra sauver sa vie et ses biens en me renonçant, perdra les avantages du royaume des cieux, tandis que ceux qui auront tout perdu ici-bas, même la vie, pour le triomphe de la vérité, recevront, dans la vie future, le prix de leur courage, de leur persévérance et de leur abnégation; mais à ceux qui sacrifient les biens célestes aux jouissances terrestres, Dieu dit: Vous avez déjà reçu votre récompense.

 

 

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Emploi de la fortune janvier 8, 2009

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Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon; retenez bien ceci, vous que l’amour de l’or domine, vous qui vendriez votre âme pour posséder des trésors, paroe qu’ils peuvent vous élever au-dessus des autres hommes et vous donner les jouissances des passions; non, vous ne pouvez servir Dieu et Mammon! Si donc vous sentez votre âme dominée par les convoitises de la chair, hâtez-vous de secouer le joug qui vous accable, car Dieu, juste et sévère, vous dira: Qu’as-tu fait, économe infidèle, des biens que je t’avais confiés? Ce puissant mobile des bonnes oeuvres, tu ne l’as fait servir qu’à ta satisfaction personnelle.

 

Quel est donc le meilleur emploi de la fortune? Cherchez dans ces paroles: «Aimez vous les uns les autres,» la solution de ce problème; là est le secret de bien employer ses richesses. Celui qui est animé de l’amour du prochain a sa ligne de conduite toute tracée; l’emploi qui plaît à Dieu, c’est la charité; non pas cette charité froide et égoïste qui consiste à répandre autour de soi le superflu d’une existence dorée, mais cette charité pleine d’amour qui cherche le malheur, qui le relève sans l’humilier. Riche, donne de ton superflu; fais mieux: donne un peu de ton nécessaire, car ton nécessaire est encore du superflu, mais donne avec sagesse. Ne repousse pas la plainte de peur d’être trompé, mais va à la source du mal; soulage d’abord, informe-toi ensuite, et vois si le travail, les conseils, l’affection même ne seront pas plus efficaces que ton aumône. Répands autour de toi, avec l’aisance, l’amour de Dieu, l’amour du travail, l’amour du prochain. Place tes richesses sur un fonds qui ne te manquera jamais et te rapportera de gros intérêts: les bonnes oeuvres. La richesse de l’intelligence doitte servir comme celle del’or; répands autour de toi les trésors de l’instruction; répands sur tes frères les trésors de ton amour, et ils fructifieront. (CHEVERUS. Bordeaux, 1861.)

 

 

L’homme étant le dépositaire, le gérant des biens que Dieu remet entre ses mains, il lui sera demandé un compte sévère de l’emploi qu’il en aura fait en vertu de son libre arbitre.

 

Le mauvais emploi consiste à ne les faire servir qu’à sa satisfaction personnelle; au contraire, l’emploi est bon toutes les fois qu’il en résulte un bien quelconque pour autrui; le mérite est proportionné au sacrifice que l’on s’impose. La bienfaisance n’est qu’un mode d’emploi de la fortune; elle soulage la misère actuelle; elle apaise la faim, préserve du froid et donne un asile à celui qui n’en a pas; mais un devoir tout aussi impérieux, tout aussi méritoire, consiste à prévenir la misère; c’est là surtout la mission des grandes fortunes par les travaux de tous genres qu’elles peuvent faire exécuter; et dussent-elles en tirer un profit légitime, le bien n’en existerait pas moins, car le travail développe l’intelligence et rehausse la dignité de l’homme toujours fier de pouvoir dire qu’il a gagné le pain qu’il mange, tandis que l’aumône humilie et dégrade. La fortune concentrée dans une main

doitêtre comme une source d’eau vive qui répand la fécondité et le bien-être autour d’elle. O vous, riches, qui l’emploierez selon les vues du Seigneur, votre coeur, le premier, se désaltérera à cette source bienfaisante; vous aurez en cette vie les ineffables jouissances de l’âme au lieu des jouissances matérielles de l’égoïste qui laissent le vide dans le coeur.

 

 

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La porte étroite décembre 25, 2008

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Entrez par la porte étroite, parce que la porte de la perdition est large, et le chemin qui y mène est spacieux, et il y en a beaucoup qui y entrent. – Que la porte de la vie est petite! que la voie qui y mène est étroite! et qu’il y en a peu qui la trouvent! (Saint Matthieu, ch. VII, v. 13, 14.)

 

 

Quelqu’un lui ayant fait cette demande: Seigneur, y en aura-t-il peu de sauvés? Il leur répondit: – Faites effort pour entrer par la porte étroite, car je vous assure que plusieurs chercheront à y entrer, et ne le pourront pas. – Et quand le père de famille sera entré et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à heurter, en disant: Seigneur, ouvrez nous; il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. – Alors vous commencerez à dire: Nous avons mangé et bu en votre présence, et vous avez enseigné dans nos places publiques. – Et il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous qui commettez l’iniquité.

 

 

Ce sera alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez qu’Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes seront dans le royaume de Dieu, et que vous autres vous serez chassés dehors. – Il en viendra d’Orient et d’Occident, du Septentrion et du Midi, qui auront place au festin dans le royaume de Dieu. – Alors ceux qui sont les derniers serontles premiers, et ceux qui sont les premiers seront les derniers. (Saint Luc, ch. XIII, v. de 23 à 30.)

 

 

La porte de la perdition est large, parce que les mauvaises passions sont nombreuses, et que la route du mal est fréquentée par le plus grand nombre. Celle du salut est étroite, parce que l’homme qui veut la franchir doit faire de grands efforts sur lui-même pour vaincre ses mauvaises tendances, et que peu s’y résignent; c’est le complément de la maxime: Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

 

 

Tel est l’état actuel de l’humanité terrestre, parce que la terre étant un monde d’expiation le mal y domine; quand elle sera transformée, la route du bien sera la  plus fréquentée. Ces paroles doivent donc s’entendre dans le sens relatif et non dans le sens absolu. Si tel devait être l’état normal de l’humanité, Dieu aurait volontairement voué à la perdition l’immense majorité de ses créatures; supposition inadmissible, dès lors qu’on reconnaît que Dieu est toute justice et toute bonté.

 

 

Mais de quels méfaits cette humanité aurait-elle pu se rendre coupable pour mériter un sort si triste, dans son présent et dans son avenir, si elle était toute reléguée sur la terre, et si l’âme n’avait pas eu d’autres existences? Pourquoi tant d’entraves semées sur sa route? Pourquoi cette porte si étroite qu’il est donné au plus petit nombre de franchir, si le sort de l’âme est fixé pour jamais après la mort? C’est ainsi qu’avec l’unité d’existence on est incessamment en contradiction avec soi même et avec la justice de Dieu. Avec l’antériorité de l’âme et la pluralité des mondes, l’horizon s’élargit; la lumière se fait sur les points les plus obscurs de la foi; le présent et l’avenir sont solidaires du passé; alors seulement on peut comprendre toute la profondeur, toute la vérité et toute la sagesse des maximes du Christ.

 

 

Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)

 

Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.

 

***

 

            Autres informations :

 

 

– Notres Études spirites – publiés tous les Jeudis    

 

Questions et Réponses

 

« L’Évangile selon le Spiritisme  » disponible pour le téléchargement gratuit – version de site Domaine Public  

 

– Pour connaître les Oeuvres Basiques de la Doctrine Espirite Chrétienne, cliquez ici  

Les ouvriers du Seigneur décembre 4, 2008

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Vous touchez au temps de l’accomplissement des choses annoncées pour la transformation de l’humanité; heureux seront ceux qui auront travaillé au champ du Seigneur avec désintéressement et sans autre mobile que la charité! Leurs journées de travail seront payées au centuple de ce qu’ils auront espéré. Heureux seront ceux qui auront dit à leurs frères: «Frères, travaillons ensemble, et unissons nos efforts afin que le maître trouve l’ouvrage fini à son arrivée,» car le maître leur dira: «Venez à moi, vous qui êtes de bons serviteurs,vous qui avez fait taire vos jalousies et vos discordes pour ne pas laisser l’ouvrage en souffrance!» Mais malheur à ceux qui, par leurs dissensions, auront retardé l’heure de la moisson, car l’orage viendra et ils seront emportés par le tourbillon! Ils crieront: “Grâce! grâce!” Mais le Seigneur leur dira: «Pourquoi demandez-vous grâce, vous qui n’avez pas eu pitié de vos frères, et qui avez refusé de leur tendre la main, vous qui avez écrasé le faible au lieu de le soutenir? Pourquoi demandez-vous grâce, vous qui avez cherché votre récompense dans les joies de la terre et dans la satisfaction de votre orgueil? Vous l’avez déjà reçue, votre récompense, telle que vous l’avez voulue; n’en demandez pas davantage: les récompenses célestes sont pour ceux qui n’auront pas demandé les récompenses de la terre

 

Dieu fait en ce moment le dénombrement de ses serviteurs fidèles, et il a marqué de son doigt ceux qui n’ont que l’apparence du dévoûment, afin qu’ils n’usurpent pas le salaire des serviteurs courageux, car c’est à ceux qui ne reculeront pas devant leur tâche qu’il va confier les postes les plus difficiles dans la grande oeuvre de la régénération par le spiritisme, et cette parole s’accomplira: «Les premiers seront les derniers, et les derniers seront les premiers dans le royaume des cieux!»

(L’ESPRIT DE VERITÉ. Paris, 1862.)

 

 

 

Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)

 

Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.

 

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