Quiconque s’élève sera abaissé mars 22, 2010
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En ce même temps les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent Qui est le plus grand dans le royaume des cieux – Jésus ayant appelé un petit enfant, le mit au milieu d’eux, et leur dit Je vous dis en vérité que si vous ne vous convertissez, et si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. – Quiconque donc s’humiliera et se rendra petit comme cet enfant, celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux, – et quiconque reçoit en mon nom un enfant tel que je viens de dire, c’est moi-même qu’il reçoit. (Saint Matthieu, ch. XVIII, v. 1 à 5.)
Alors la mère des enfants de Zébédée s’approcha de lui avec ses deux fils, et l’adora en lui témoignant qu’elle voulait lui demander quelque chose. – Il lui dit Que voulez-vous Ordonnez, lui dit-elle, que mes deux fils que voici soient assis dans votre royaume, l’un à votre droite et l’autre à votre gauche. – Mais Jésus leur répondit Vous ne savez pas ce que vous demandez; pouvez~vous boire le calice que je vais boire Ils lui dirent Nous le pouvons. – Il leur répondit Il est vrai que vous boirez le calice que je boirai; mais pour ce qui est d’être assis à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi à vous le donner, mais ce sera pour ceux à qui mon Père l’a préparé. -Les dix autres apôtres ayant entendu ceci, en conçurent de l’indignation contre les deux frères. – Et Jésus les ayant appelés à lui, leur dit Vous savez que les princes des nations les dominent, et que les grands les traitent avec empire. – Il n’en doit pas être de même parmi vous; mais que celui qui voudra devenir le plus grand, soit votre serviteur; et que celui qui voudra être le premier d’entre vous soit votre esclave; – comme le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie pour la rédemption de plusieurs. (Saint Matthieu, ch. XX, v. de 20 à 28.)
Jésus entra un jour de sabbat dans la maison d’un des principaux Pharisiens pour y prendre son repas, et ceux qui étaient là l’observaient. – Alors, considérant comme les conviés choisissaient les premières places, il leur proposa cette parabole, et leur dit: – Quand vous serez conviés à des noces, n’y prenez point la première place, de peur qu’il ne se trouve parmi les conviés une personne plus considérable que vous, et que celui qui vous aura invité ne vienne vous dire: Donnez votre place à celui-ci, et qu’alors vous ne soyez réduit à vous tenir avec honte au dernier lieu. – Mais quand vous aurez été conviés, allez vous mettre à la dernière place, afin que, lorsque celui qui vous a conviés sera venu, il vous dise: Mon ami, montez plus haut. Et alors ce sera un sujet de gloire devant ceux qui seront à table avec vous; – car quiconque s’éléve sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé. (Saint Luc, ch. XIV, v. 1 et de 7 à 11.)
Ces maximes sont les conséquences du principe d’humilité que Jésus ne cesse de poser comme condition essentielle de la félicité promise aux élus du Seigneur, et qu’il a formulé par ces paroles: «Bienheureux les pauvres d’esprit, parce que le royaume des cieux est à eux.» Il prend un enfant comme type de la simplicité du coeur et il dit: Celui-là sera le plus grand dans le royaume des cieux qui s’humiliera et se fera petit comme un enfant; c’est-à-dire qui n’aura aucume prétention à la supériorité ou à l’infaillibilité.
La même pensée fondamentale se retrouve dans cette autre maxime: «Que celui qui voudra devenir le plus grand soit votre serviteur,» et dans celle-ci: «Quiconque s’abaisse sera élevé, et quiconque s’élève sera abaissé.»
Le spiritisme vient sanctioner la théorie par l’exemple, en nous montrant grands dans le monde des Esprits ceux qui étaient petits sur la terre, et souvent bien petits ceux qui y étaient les plus grands et les plus puissants. C’est que les premiers ont emporté en mourant ce qui seul fait la véritable grandeur dans le ciel et ne se perd pas: les vertus; tandis que les autres ont dû laisser ce qui faisait leur grandeur sur la terre, et ne s’emporte pas: la fortune, les titres, la gloire, la naissance; n’ayant rien autre chose, ils arrivent dans l’autre monde dépourvus de tout, comme des naufragés qui ont tout perdu, jusqu’à leurs vêtements; ils n’ont conservé que l’orgueil qui rend leur nouvelle position plus humiliante, car ils voient au-dessus d’eux, et resplendissants de gloire, ceux qu’ils ont foulés aux pieds sur la terre.
Le spiritisme nous montre une autre application de ce principe dans les incarnations successives où ceux qui ont été les plus élevés dans une existence sont abaissés au dernier rang dans une existence suivante, s’ils ont été dominés par l’orgueil et l’ambition. Ne cherchez donc point la première place sur la terre, ni à vous mettre au-dessus des autres, si vous ne voulez être obligés de descendre; cherchez, au contraire, la plus humble et la plus modeste, car Dieu saura bien vous en donner une plus élevée dans le ciel si vous la méritez.
Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)
Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.
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Le devoir avril 2, 2009
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Le devoir est l’obligation morale, vis-à-vis de soi d’abord, et des autres ensuite. Le devoir est la loi de la vie; il se retrouve dans les plus infimes détails, aussi bien que dans les actes élevés. Je ne veux parler ici que du devoir moral, et non de celui qu’imposent les professions.
Dans l’ordre des sentiments, le devoir est très-difficile à remplir, parce qu’il se trouve en antagonisme avec les séductions de l’intérêt et du coeur; ses victoires n’ont pas de témoins, et ses défaites n’ont pas de répression. Le devoir intime de l’homme est abandonné a son libre arbitre; l’aiguillon de la conscience, cette gardienne de la probité intérieure, l’avertit et le soutient, mais elle demeure souvent impuissante devant les sophismes de la passion. Le devoir du coeur, fidèlement observé, élève l’homme; mais ce devoir, comment le préciser? Où commence-t-il? Où s’arrête-t-il? Le devoir commence précisément au point où vous menacez le bonheur ou le repos de votre prochain; il se termine à la limite que vous ne voudriez pas voir franchir pour vous-même.
Dieu a créé tous les hommes égaux pour la douleur; petits ou grands, ignorants ou éclairés, souffrent par les mêmes causes, afin que chacun juge sainement le mal qu’il peut faire. Le même criterium n’existe pas pour le bien, infiniment plus varié dans ses expressions. L‘égalité devant la douleur est une sublime prévoyance de Dieu, qui veut que ses enfants, instruits par l‘expérience commune, ne commettent pas le mal en arguant de l‘ignorance de ses effets.
Le devoir est le résumé pratique de toutes les spéculations morales; c’est une bravoure de l’âme qui affronte les angoisses de la lutte; il est austère et souple; prompt à se plier aux complications diverses, il demeure inflexible devant leurs tentations. L‘homme qui remplit son devoir aime Dieu plus que les créatures, et les créatures plus que lui-même; il est à la fois juge et esclave dans sa propre cause.
Le devoir est le plus beau fleuron de la raison; il relève d’elle, comme le fils relève de sa mère. L’homme doit aimer le devoir, non parce qu’il préserve des maux de la vie, auxquels l’humanité ne peut se soustraire, mais parce qu’il donne à l’âme la vigueur nécessaire à son développement.
Le devoir grandit et rayonne sous une forme plus élevée dans chacune des étapes supérieures de l’humanité; l’obligation morale ne cesse jamais de la créature à Dieu; elle doit refléter les vertus de l’Éternel qui n’accepte pas une ébauche imparfaite, parce qu’il veut que la beauté de son oeuvre resplendisse devant lui. (LAZARE. Paris, 1863.)
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On demandera beaucoup à celui qui a beaucoup reçu mars 19, 2009
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Le serviteur qui aura su la volonté de son maître, et qui néanmoins ne se sera pas tenu prêt et n’aura pas fait ce qu’il désirait de lui, sera battu rudement; mais celui qui n’aura pas su sa volonté, et qui aura fait des choses dignes de châtiment, sera moins battu. On demandera beaucoup à celui à qui on aura beaucoup donné, et on fera rendreun plus grand compte à celui à qui on auraconfié plus de choses. (Saint Luc, ch. XII, v.47, 48.)
Je suis venu dans ce monde pour exercer un jugement, afin que ceux qui ne voient point voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles. – Quelques pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent: Sommes nous donc aussi aveugles? – Jésus leur répondit : Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché; mais maintenant vous dites que vous voyez, et c’est pour cela que votre péché demeure en vous. (Saint Jean, ch. IX, v. 39, 40, 41.)
Ces maximes trouvent surtout leur application dans l’enseignement des Esprits. Quiconque connaît les préceptes du Christ est coupable assurément de ne pas les pratiquer; mais outre que l’Évangile qui les contient n’est répandu que dans les sectes chrétiennes, parmi celles-ci, combien est-il de gens qui ne le lisent pas, et parmi ceux qui le lisent, combien en estil qui ne le comprennent pas! Il en résulte que les paroles même de Jésus sont perdues pour le plus grand nombre.
L’enseignement des Esprits qui reproduit ces maximes sous différentes formes, qui les développè et les commente pour les mettre à la portée de tous, a cela de particulier qu’il n’est point circonscrit, et que chacun, lettré ou illettré, croyant ou incrédule, chrétien ou non, peut le recevoir, puisque les Esprits se communiquent partout; nul de ceux qui le reçoivent, directement ou par entremise, ne peut prétexter ignorance; il ne peut s’excuser ni sur son défaut d’instruction, ni sur l’obscurité du sens allégorique. Celui donc qui ne les met pas à profit pour son amélioration, qui les admire comme choses intéressantes et curieuses sans que son coeur en soit touché, qui n’en est ni moins vain, ni moins orgueilleux, ni moins égoïste, ni moins attaché aux biens matériels, ni meilleur pour sou prochain, est d’autant plus coupable qu’il a plus de moyens de connaître la vérité.
Les médiums qui obtiennent de bonnes communications sont encore plus repréhensibles de persister dans le mal, parce que souvent ils écrivent leur propre condamnation, et que, s’ils n’étaient aveuglés par l’orgueil, ils reconnaîtraient que c’est à eux que les Esprits s’adressent. Mais, au lieu de prendre pour eux les leçons qu’ils écrivent, ou qu’ils voient écrire, leur unique pensée est de les appliquer aux autres, réalisant ainsi cette parole de Jésus: “Vous voyez une paille dans l’oeil de votre voisin, et vous ne voyez pas la poutre qui est dans le vôtre.” (Ch. X, nº 9.)
Par cette autre parole: “Si vous étiez aveugles vous n’auriez point péché”, Jésus entend que la culpabilité est en raison des lumières que l’on possède; or, les Pharisiens, qui avaient la prétention d’être, et qui étaient, en effet, la partie la plus éclairée de la nation, étaient plus repréhensibles aux yeux de Dieu quele peuple ignorant. Il en est de même aujourd’hui.
Aux spirites, il sera donc beaucoup demandé, parce qu’ils ont beaucoup reçu, mais aussi à ceux qui auront profité il sera beaucoup donné.
La première pensée de tout spirite sincère doit être de chercher, dans les conseils donnés par les Esprits, s’il n’y a pas quelque chose qui puisse le concerner.
Le spiritisme vient multiplier le nombre des appelés; par la foi qu’il donne, il multipliera aussi le nombre des élus.
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Les faux prophètes mars 5, 2009
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Si l’on vous dit: “Christ est ici,” n’y allez pas, mais, au contraire, tenez-vous sur vos gardes, car les faux prophètes seront nombreux. Mais ne voyez-vous pas les feuilles du figuier qui commencent à blanchir; ne voyez-vous pas leurs pousses nombreuses attendant l’époque de la floraison, et Christ ne vous a-t-il pas dit: On reconnaît un arbre à son fruit? Si donc les fruits sont amers, vous jugez que l’arbre est mauvais; mais s’ils sont doux et salutaires, vous dites: Rien de pur ne peut sortir d’une souche mauvaise.
C’est ainsi, mes frères, que vous devez juger; ce sont les oeuvres que vous devez examiner. Si ceux qui se disent revêtus de la puissance divine sont accompagnés de toutes les marques d’une pareille mission, c’est-à- dire s’ils possèdent au plus haut degré les vertus chrétiennes et éternelles: la charité, l’amour, l’indulgence, la bonté qui concilie tous les coeurs; si, à l’appui des paroles, ils joignent les actes, alors vons pourrez dire: Ceux-ci sont bien réellement les envoyés de Dieu.
Mais méfiez-vous des paroles mielleuses, méfiez-vous des scribes et des pharisiens qui prient dans les places publiques, vêtus de longues robes. Méfiez-vous de ceux qui prétendent avoir le seul et unique monopole de la vérité!
Non, non, Christ n’est point là, car ceux qu’il envoie propager sa sainte doctrine, et régénérer son peuple, seront, à l’exemple du Maître, doux et humbles de coeur par-dessus toutes choses; ceux qui doivent, par leurs exemples et leurs conseils, sauver l’humanité courant à sa perte et vagabondant dans des routes tortueuses, ceux-là seront par-dessus tout modestes et humbles.
Tout ce qui révèle un atome d’orgueil, fuyez-le comme une lèpre contagieuse qui corrompt tout ce qu’elle touche. Rappelez-vous que chaque créature porte sur son front, mais dans ses actes surtout, le cachet de sa grandeur ou de sa décadence.
Allez donc, mes enfants bien-aimés, marchez sans tergiversations, sans arrière pensées, dans la route bénie que vous avez entreprise. Allez, allez toujours sans crainte; éloignez courageusement tout ce qui pourrait entraver votre marche vers le but éternel. Voyageurs, vous ne serez que bien peu de temps encore dans les ténèbres et les douleurs de l’épreuve, si vous laissez aller vos coeurs à cette douce doctrine qui vient vous révéler les lois éternelles, et satisfaire toutes les aspirations de votre âme vers l’inconnu. Dès à présent, vous pouvez donner un corps à ces sylphes légers que vous voyiez passer dans vos rêves, et qui, éphémères, ne pouvaient que charmer votre esprit, mais ne disaient rien à votre coeur. Maintenant, mes aimés, la mort a disparu pour faire place à l’ange radieux que vous connaissez, l’ange du revoir et de la réunion! Maintenant, vous qui avez bien accompli la tâche imposée par le Créateur, vous n’avez plus rien à craindre de sa justice, car il est père et pardonne toujours à ses enfants égarés qui crient miséricorde. Continuez donc, avancez sans cesse; que votre devise soit celle du progrès, du progrès continu en toutes choses, jusqu’à ce que vous arriviez enfin à ce terme heureux où vous attendent tous ceux qui vous ont précédês.
(LOUIS. Bordeaux, 1861.)
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Si c’était un homme de bien, il se serait tué février 19, 2009
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Vous dites souvent en parlant d’un mauvais homme qui échappe à un danger: Si c‘était un homme de bien, il se serait tué. Eh bien, en disant cela vous êtes dans le vrai, car effectivement il arrive bien souvent que Dieu donne à un Esprit, jeune encore dans les voies du progrès, une plus longue épreuve qu’à un bon, qui recevra, en récompense de son mérite, la faveur que son épreuve soit aussi courte que possible. Ainsi donc, quand vous vous servez de cet axiome, vous ne vous doutez pas que vous commettez un blasphème.
S’il meurt un homme de bien, et qu’à côté de sa maison soit celle d’un méchant, vous vous hâtez de dire: Il vaudrait bien mieux que ce fût celui-ci. Vous êtes grandement dans l’erreur, car celui qui part a fini sa tâche, et celui qui reste ne l’a peut-être pas commencée. Pourquoi voudriez-vous donc que le méchant n’eût pas le temps de l’achever, et que l’autre restât attaché à la glèbe terrestre? Que diriez-vous d’un prisonnier qui aurait fini son temps, et qu’on retiendrait en prison tandis qu’on donnerait la liberté à celui qui n’y a pas droit? Sachez donc que la vraie liberté est dans l’affranchissement des liens du corps, et que tant que vous êtes sur la terre, vous êtes en captivité.
Habituez-vous à ne pas blâmer ce que vous ne pouvez pas comprendre, et croyez que Dieu est juste en toutes choses; souvent ce qui vous paraît un mal est un bien; mais vos facultés sont si bornées, que l’ensemble du grand tout échappe à vos sens obtus. Efforcez-vous de sortir, par la pensée, de votre étroite sphère, et à mesure que vous vous élèverez, l’importance de la vie matérielle diminuera à vos yeux, car elle ne vous apparaîtra que comme un incident dans la durée infinie de votre existence spirituelle, la seule véritable existence.
(FÉNELON, Sens, 1861.)
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Faire le bien sans ostentation février 5, 2009
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Prenez garde de ne pas faire vos bonnes oeuvres devant les hommes pour en être regardés, autrement vous n’en recevrez point la récompense de votre Père qui est dans les cieux. – Lors donc que vous donnerez l’aumône, ne faites point sonner la trompette devant vous, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues pour être honorés des hommes. Je vous dis, en vérité, ils ont reçu leur récompense. – Mais lorsque vous faites l‘aumône, que votre main gauche ne sache pas ce que fait votre main droite; – afin que l’aumône soit dans le secret; et votre Père, qui voit ce qui se passe dans le secret, vous en rendra la récompense. (Saint Matthieu, ch. VI, v. de 1 à 4.)
Jésus étant descendu de la montagne, une grande foule do peuple le suivit; – et en même temps un lépreux vint à lui et l’adora en lui disant: Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. – Jésus étendant la main, le toucha et lui dit : Je le veux, soyez guéri; et à l’instant la lépre fut guérie. – Alors Jésus lui dit: Gardez-vous bien de parler de ceci à personne; mais allez vous montrer aux prêtres, et offrez le don prescrit par Moïse, afin que cela leur serve de témoignage. (Saint Matthieu, ch. VIII, v. de 1 à 4.)
Faire le bien sans ostentation est un grand mérite; cacher la main qui donne est encore plus méritoire; c’est le signe incontestable d’une grande supériorité morale: car pour voir les choses de plus haut que le vulgaire, il faut faire abstraction de la vie présente et s’identifier avec la vie future; il faut, en un mot, se placer au-dessus de l’humanité pour renoucer à la satisfaction que procure le témoignage des hommes et attendre l’approbation de Dieu. Celui qui prise le suffrage des hommes plus que celui de Dieu, prouve qu’il a plus de foi dans les hommes qu’en Dieu, et que la vie présente est plus pour lui que la vie future, ou même qu’il ne croit pas à la vie future; s’il dit le contraire, il agit comme s’il ne croyait pas à ce qu’il dit.
Combien y en a-t-il qui n’obligent qu’avec l’espoir que l’obligé ila crier le bienfait sur les toits; qui, au grand jour, donneront une grosse somme, et dans l’ombre ne donneraient pas une pièce de monnaie! C’est pourquoi Jésus a dit: «Ceux qui font le bien avec ostentation ont déjà reçu leur récompense;» en effet, celui qui cherche sa glorification sur la terre par le bien qu’il fait, s’est déjà payé lui-même; Dieu ne lui doit plus rien; il ne lui reste à recevoir que la punition de son orgueil.
Que la main gauche ne sache pas ce qne donne la main droite, est une figure qui caractérise admirablement la bienfaisance modeste; mais s’il y a la modestie réelle, il y a aussi la modestie jouée, le simulacre de la modestie; il y a des gens qui cachent la main qui donne, en ayant soin d’en laisser passer un bout, regardant si quelqu’un ne la leur voit pas cacher. Indigne parodie des maximes du Christ! Si les bienfaiteurs orgueilleux sont dépréciés parmi les hommes, que sera-ce donc au près de Dieu! Ceux-là aussi ont reçu leur récompense sur la terre. On les a vus; ils sont satisfaits d’avoir été vus: c’est tout cé qu’ils auront.
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Porter sa croix. Qui voudra sauver sa vie la perdra janvier 22, 2009
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Vous êtes bien heureux, lorsque les hommes vous haïront, qu’ils vous sépareront, qu’ils vous traiteront injurieusement, qu’ils rejetteront votre nom comme mauvais à cause du Fils de l’homme. – Réjouissez-vous en ce jour-là, et soyez ravis de joie, paree qu’une grande récompense vous est réservée dans le ciel, car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. (Saint Luc, ch. VI, v. 22, 23.)
En appelant à soi le peuple avec ses disciples, il leur dit: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à soi-même, qu’il porte sa croix et qu’il me suive; – car celui qui voudra se sauver soi-même se perdra; et celui qui se perdra pour l’amour de moi et de l’Évangile, se sauvera. – En effet, que servirait à un homme de gagner tout le monde, et de se perdre soi-même? (Saint Marc, ch. VIII, v. de 34 à 36. – Saint Luc, ch. IX, v. 23, 24, 25. – Saint Matthieu, ch. X, v. 39. – Saint Jean, ch. XIII, v. 24, 25.)
Réjouissez-vous, dit Jésus, quand les hommes vous haïront et vous persécuteront à cause de moi, parce que vous en serez récompensés dans le ciel. Ces paroles peuvent se traduire ainsi: Soyez beureux quand des hommes, par leur mauvais vouloir à votre égard, vous fournissent l’occasion de prouver la sincérité de votre foi, car le mal qu’ils vous font tourne à votre profit. Plaignez-les donc de leur aveuglement, et ne les maudissez pas.
Puis il ajoute: «Que celui qui veut me suivre porte sa croix,» c’est-à-dire qu’il supporte courageusement les tribulations que sa foi lui suscitera; car celui qui voudra sauver sa vie et ses biens en me renonçant, perdra les avantages du royaume des cieux, tandis que ceux qui auront tout perdu ici-bas, même la vie, pour le triomphe de la vérité, recevront, dans la vie future, le prix de leur courage, de leur persévérance et de leur abnégation; mais à ceux qui sacrifient les biens célestes aux jouissances terrestres, Dieu dit: Vous avez déjà reçu votre récompense.
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Emploi de la fortune janvier 8, 2009
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Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon; retenez bien ceci, vous que l’amour de l’or domine, vous qui vendriez votre âme pour posséder des trésors, paroe qu’ils peuvent vous élever au-dessus des autres hommes et vous donner les jouissances des passions; non, vous ne pouvez servir Dieu et Mammon! Si donc vous sentez votre âme dominée par les convoitises de la chair, hâtez-vous de secouer le joug qui vous accable, car Dieu, juste et sévère, vous dira: Qu’as-tu fait, économe infidèle, des biens que je t’avais confiés? Ce puissant mobile des bonnes oeuvres, tu ne l’as fait servir qu’à ta satisfaction personnelle.
Quel est donc le meilleur emploi de la fortune? Cherchez dans ces paroles: «Aimez vous les uns les autres,» la solution de ce problème; là est le secret de bien employer ses richesses. Celui qui est animé de l’amour du prochain a sa ligne de conduite toute tracée; l’emploi qui plaît à Dieu, c’est la charité; non pas cette charité froide et égoïste qui consiste à répandre autour de soi le superflu d’une existence dorée, mais cette charité pleine d’amour qui cherche le malheur, qui le relève sans l’humilier. Riche, donne de ton superflu; fais mieux: donne un peu de ton nécessaire, car ton nécessaire est encore du superflu, mais donne avec sagesse. Ne repousse pas la plainte de peur d’être trompé, mais va à la source du mal; soulage d’abord, informe-toi ensuite, et vois si le travail, les conseils, l’affection même ne seront pas plus efficaces que ton aumône. Répands autour de toi, avec l’aisance, l’amour de Dieu, l’amour du travail, l’amour du prochain. Place tes richesses sur un fonds qui ne te manquera jamais et te rapportera de gros intérêts: les bonnes oeuvres. La richesse de l’intelligence doitte servir comme celle del’or; répands autour de toi les trésors de l’instruction; répands sur tes frères les trésors de ton amour, et ils fructifieront. (CHEVERUS. Bordeaux, 1861.)
L’homme étant le dépositaire, le gérant des biens que Dieu remet entre ses mains, il lui sera demandé un compte sévère de l’emploi qu’il en aura fait en vertu de son libre arbitre.
Le mauvais emploi consiste à ne les faire servir qu’à sa satisfaction personnelle; au contraire, l’emploi est bon toutes les fois qu’il en résulte un bien quelconque pour autrui; le mérite est proportionné au sacrifice que l’on s’impose. La bienfaisance n’est qu’un mode d’emploi de la fortune; elle soulage la misère actuelle; elle apaise la faim, préserve du froid et donne un asile à celui qui n’en a pas; mais un devoir tout aussi impérieux, tout aussi méritoire, consiste à prévenir la misère; c’est là surtout la mission des grandes fortunes par les travaux de tous genres qu’elles peuvent faire exécuter; et dussent-elles en tirer un profit légitime, le bien n’en existerait pas moins, car le travail développe l’intelligence et rehausse la dignité de l’homme toujours fier de pouvoir dire qu’il a gagné le pain qu’il mange, tandis que l’aumône humilie et dégrade. La fortune concentrée dans une main
doitêtre comme une source d’eau vive qui répand la fécondité et le bien-être autour d’elle. O vous, riches, qui l’emploierez selon les vues du Seigneur, votre coeur, le premier, se désaltérera à cette source bienfaisante; vous aurez en cette vie les ineffables jouissances de l’âme au lieu des jouissances matérielles de l’égoïste qui laissent le vide dans le coeur.
Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)
Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.
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Autres informations :
- Notres Études spirites – publiés tous les Jeudis
- « L’Évangile selon le Spiritisme » disponible pour le téléchargement gratuit – version de site Domaine Public
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La porte étroite décembre 25, 2008
Posted by Chácara Maria de Nazaré in Études Spirites, L'Évangile selon le Spiritisme, Paix.Tags: Allan Kardec, charité, Doctrine Espirite Chrétienne, Hors la charité point de salut, La loi d'amour, La porte étroite, L’Évangile selon le Spiritisme, Le plus grand commandement, Les ouvriers du Seigneur, Spiritisme
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Entrez par la porte étroite, parce que la porte de la perdition est large, et le chemin qui y mène est spacieux, et il y en a beaucoup qui y entrent. – Que la porte de la vie est petite! que la voie qui y mène est étroite! et qu’il y en a peu qui la trouvent! (Saint Matthieu, ch. VII, v. 13, 14.)
Quelqu’un lui ayant fait cette demande: Seigneur, y en aura-t-il peu de sauvés? Il leur répondit: – Faites effort pour entrer par la porte étroite, car je vous assure que plusieurs chercheront à y entrer, et ne le pourront pas. – Et quand le père de famille sera entré et aura fermé la porte, et que vous, étant dehors, vous commencerez à heurter, en disant: Seigneur, ouvrez nous; il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes. – Alors vous commencerez à dire: Nous avons mangé et bu en votre présence, et vous avez enseigné dans nos places publiques. – Et il vous répondra: Je ne sais d’où vous êtes; retirez-vous de moi, vous tous qui commettez l’iniquité.
Ce sera alors qu’il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez qu’Abraham, Isaac, Jacob et tous les prophètes seront dans le royaume de Dieu, et que vous autres vous serez chassés dehors. – Il en viendra d’Orient et d’Occident, du Septentrion et du Midi, qui auront place au festin dans le royaume de Dieu. – Alors ceux qui sont les derniers serontles premiers, et ceux qui sont les premiers seront les derniers. (Saint Luc, ch. XIII, v. de 23 à 30.)
La porte de la perdition est large, parce que les mauvaises passions sont nombreuses, et que la route du mal est fréquentée par le plus grand nombre. Celle du salut est étroite, parce que l’homme qui veut la franchir doit faire de grands efforts sur lui-même pour vaincre ses mauvaises tendances, et que peu s’y résignent; c’est le complément de la maxime: Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.
Tel est l’état actuel de l’humanité terrestre, parce que la terre étant un monde d’expiation le mal y domine; quand elle sera transformée, la route du bien sera la plus fréquentée. Ces paroles doivent donc s’entendre dans le sens relatif et non dans le sens absolu. Si tel devait être l’état normal de l’humanité, Dieu aurait volontairement voué à la perdition l’immense majorité de ses créatures; supposition inadmissible, dès lors qu’on reconnaît que Dieu est toute justice et toute bonté.
Mais de quels méfaits cette humanité aurait-elle pu se rendre coupable pour mériter un sort si triste, dans son présent et dans son avenir, si elle était toute reléguée sur la terre, et si l’âme n’avait pas eu d’autres existences? Pourquoi tant d’entraves semées sur sa route? Pourquoi cette porte si étroite qu’il est donné au plus petit nombre de franchir, si le sort de l’âme est fixé pour jamais après la mort? C’est ainsi qu’avec l’unité d’existence on est incessamment en contradiction avec soi même et avec la justice de Dieu. Avec l’antériorité de l’âme et la pluralité des mondes, l’horizon s’élargit; la lumière se fait sur les points les plus obscurs de la foi; le présent et l’avenir sont solidaires du passé; alors seulement on peut comprendre toute la profondeur, toute la vérité et toute la sagesse des maximes du Christ.
Fragment de l’oeuvre « L’Évangile selon le Spiritisme », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec (version trouvée dans le Domaine Public)
Paris – Imprimerie de P. – A. BOURDIER et Ce, rue des Poitevins, 6.
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Civilisation décembre 18, 2008
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790. La civilisation est-elle un progrès ou, selon quelques philosophes, une décadence de l’humanité?
« Progrès incomplet; l’homme ne passe pas subitement de l’enfance à l’âge mûr. »
- Est-il rationnel de condamner la civilisation?
« Condamnez plutôt ceux qui en abusent, et non pas l’oeuvre de Dieu. »
791. La civilisation s’épurera-t-elle un jour de manière à faire disparaître les maux qu’elle aura produits?
« Oui, quand le moral sera aussi développé que l’intelligence. Le fruit ne peut venir avant la fleur. »
792. Pourquoi la civilisation ne réalise-t-elle pas immédiatement tout le bien qu’elle pourrait produire?
« Parce que les hommes ne sont pas encore prêts, ni disposés à obtenir ce bien. »
- Ne serait-ce pas aussi parce qu’en créant de nouveaux besoins, elle surexcite des passions nouvelles?
« Oui, et parce que toutes les facultés de l’Esprit ne progressent pas en même temps; il faut le temps pour tout. Vous ne pouvez attendre des fruits parfaits d’une civilisation incomplète. » (751-780).
793. A quels signes peut-on reconnaître une civilisation complète?
« Vous la reconnaîtrez au développement moral. Vous vous croyez bien avancés, parce que vous avez fait de grandes découvertes et des inventions merveilleuses; que vous êtes mieux logés et mieux vêtus que des sauvages; mais vous n’aurez vraiment le droit de vous dire civilisés que lorsque vous aurez banni de votre société les vices qui la déshonorent, et que vous vivrez entre vous comme des frères en pratiquant la charité chrétienne; jusque là, vous n’êtes que des peuples éclairés, n’ayant parcouru que la première phase de la civilisation. »
La civilisation a ses degrés comme toutes choses. Une civilisation incomplète est un état de transition qui engendre des maux spéciaux, inconnus à l’état primitif; mais elle n’en constitue pas moins un progrès naturel, nécessaire, qui porte avec soi le remède au mal qu’il fait. A mesure que la civilisation se perfectionne, elle fait cesser quelques-uns des maux qu’elle a engendrés, et ces maux disparaîtront avec le progrès moral.
De deux peuples arrivés au sommet de l’échelle sociale, celui-là seul peut se dire le plus civilisé, dans la véritable acception du mot, chez lequel on trouve le moins d’égoïsme, de cupidité et d’orgueil; où les habitudes sont plus intellectuelles et morales que matérielles où l’intelligence peut se développer avec le plus de liberté; où il y a le plus de bonté, de bonne foi, de bienveillance et de générosité réciproques; où les préjugés de caste et de naissance sont le moins enracinés, car ces préjugés sont incompatibles avec le véritable amour du prochain; où les lois ne consacrent aucun privilège et sont les mémes pour le dernier comme pour le premier; où la justice s’exerce avec le moins de partialité; où le faible trouve toujours appui contre le fort; où la vie de l’homme, ses croyances et ses opinions sont le mieux respectées, où il y a le moins de malheureux et, enfin, où tout homme de bonne volonté est toujours sûr de ne point manquer du nécessaire.
Fragment de l’oeuvre « Le Livre Des Esprits », recueillis et mis en ordre par Allan Kardec
Publieé sur les Editions De L’Union Spirite Kardeciste Belge (1954)
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